Une semaine en Inde : à la découverte d’un autre monde

L’Inde est un pays qui m’a toujours fascinée : culture, histoire, paysages… Mon travail m’a offert la chance de travailler avec des collègues indiens, et même de me lier d’amitié avec certains d’entre eux. Lorsque l’un d’eux m’a invitée à son mariage, à New Delhi en Novembre 2017, je n’ai pas pu refuser ! Nous sommes cinq Français à être partis en Inde pour l’occasion. Cet article est un résumé de ma semaine intense passée en Inde du Nord, entre découvertes, émerveillements, étonnements, et parfois déceptions.

Nouvelle culture, nouveau mode de vie et environnement… différent

L’Inde, c’est avant tout une richesse culturelle et un mode de vie bien différent du notre, nous autres occidentaux. Dès la sortie de l’aéroport, pourtant à 3 heures du matin pour ma part, on ne peut qu’être frappé par la foule, le bruit et les embouteillages. Même en plein milieu de la nuit, les rues de New Delhi, la capitale, sont bondées et un concert de klaxons se fait entendre.

Je m’étais préparée à voir des animaux malades, des vaches au milieu des rues et de la saleté, mais je pense qu’on n’est jamais assez préparé à l’ambiance chaotique qui règne partout. Le contraste est vraiment saisissant entre les quartiers “riches” aux beaux immeubles résidentiels, et les quartiers vraiment pauvres, où les gens dorment à même la boue et les déchets. Mes habitudes de tout faire à pied ont été mises à rude épreuve : les rickshaws sont très clairement à privilégier pour ne pas risquer la morsure d’un chien malade ou de se faire renverser par un scooter roulant sur le trottoir.  Partout, des milliers de couleurs, et surtout un mélange d’odeurs plus ou moins agréables : épices, encens, nourriture, mais aussi urines et déchets, puisqu’ici la notion de poubelle n’existe pas (ou plutôt si : c’est la rue).

Je ne peux pas vous parler environnement sans vous parler de la pollution indienne. Nous avons eu la malchance de nous rendre en Inde à la fin de la saison des récoltes, soit au moment où les agriculteurs brûlent les résidus des récoles. Un énorme brouillard de pollution s’est formé sur la capitale indienne et les alentours, rendant la visibilité très réduite (vous pouvez le constater sur les photos !), même lorsque nous sommes allés au Taj Mahal et à Jaipur, situés pourtant à plus de 100km de la capitale. Le taux de pollution a battu tous les reccords : près de 30 fois le taux maximum préconisé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Autant vous dire qu’on a bien du s’abimer les poumons… le moindre effort physique rendait la respiration difficile. Le coton démaquillant du soir finissait noir de pollution, et mon écharpe a fini à tremper dans l’eau en une fois de retour en France… eau devenue noire également. Pourtant, la population ne semble pas s’en préoccuper et nous avons vu extrêmement peu de masques (remarquez, pas certain qu’ils étaient utiles vu les niveaux de pollution…). Cette pollution, créée par les industries, les gaz d’échappement et les feux dus à l’agriculture a lieu tous les ans à la même époque. Pensez-y si vous planifiez un voyage en Inde !

Au delà de l’environnement, c’est surtout un choc culturel. J’ai énormément ressenti le respect et la patience dans le quotidien des indiens, qui même s’ils klaxonnent inlassablement dans leurs voitures et deux-roues, ont un mode de vie plutôt calme. En revanche, la vie des femmes est très dure : même si cela commence à changer dans certaines classes sociales, la femme est bien souvent considérée comme inférieure à l’homme. Les mariages sont très souvent arrangés, et c’est à la famille de la mariée de payer les frais ainsi que la dot, avant de voir la jeune femme quitter la famille pour aller vivre avec celle de son nouvel époux.

Lorsque l’on visite l’Inde, on est forcément confronté aux traditionnels problèmes du touriste : toujours payer, et se faire arnaquer. Tout est prétexte à payer, et surtout en tant que touristes européens, à payer cher. Autant je comprends aisément la différence de prix des monuments : au Taj Mahal, 10 roupies, soit 30 centimes d’euro, pour les “low value visitors” (comprenez les locaux, considérés comme de moindre valeur) contre 500 roupies pour les “high value visitors” (les touristes, de grande valeur). Autant le sentiment de se faire arnaquer en permanence est vraiment épuisant : taxis qui haussent les prix de manière démesurée, chauffeurs malhonnêtes qui font des détours ou déposent au mauvais endroits, magasins frauduleux…  on en vient à refuser systématiquement tout démarchage ou dialogue (et il y en a beaucoup !) sans même chercher à comprendre de quoi il s’agit. Par ailleurs, en tant que femme et occidentale, à la peau blanche et aux yeux bleus, j’ai énormément subi les regards intrigués de la population locale, notamment les plus jeunes. On s’y fait, j’ai toutefois été très vigilante, en gardant à l’esprit la place de la femme dans la culture indienne.  La mode vestimentaire est par contre un vrai bonheur pour toute addict (comme moi !) : des couleurs lumineuses et vives, des matières douces et fluides, des vêtements nouveaux (pantalons larges, sari, lehenga…), et des bijoux en veux-tu en voilà ! Un réel bon souvenir, surtout lorsque la maman d’une amie indienne m’a fait essayé une bonne partie de sa garde robe en jouant à la poupée avec moi 🙂

Enfin, au delà des points négatifs que j’ai pu citer, je retiens tout de même l’extrême gentillesse et l’hospitalité des gens que nous avons rencontré : la famille des mariés, avec qui nous avons passé beaucoup de temps, nous a réellement accueilli comme des princes, ce qui était parfois limite gênant. Je ne les remercierai jamais assez pour tous les bons moments que nous avons passé avec eux !

Un festival gastronomique !

Moi qui n’aime pas trop (voire pas du tout) les épices, j’appréhendais énormément ce voyage sur le plan gustatif. Entre l’eau qu’il ne faut pas boire si elle ne provient pas d’une bouteille fermée, les fruits et légumes qu’il ne faut pas consommer crus, et les épices fortes omniprésentes, les risques d’attraper une bonne tourista sont partout. Fort heureusement, nous y avons échappé grâce à une vigilance de tous les instants. Les débuts du séjour ont été plutôt prudents : pizzas et autres plats à base de riz ont constitué la majorité de mon alimentation. Les festivités du mariage m’ont ensuite permis de goûter à plein de plats, pour certains complètement immangeables car trop épicés, mais pour une majorité d’autres délicieux. Je n’ai pas vraiment retenu les noms complexes, sauf l’excellente découverte des gulab jamun, desserts tout aussi gras que bons…

Une architecture grandiose : Taj Mahal et Jaipur

Lors de mon périple en Inde, j’ai passé un peu plus d’une journée à Jaipur, aussi appelée “ville rose” de part la couleur de tous les bâtiments de la vieille ville. Capitale de l’état indien du Rajasthan, il s’agit également d’une ville d’artisanat, notamment pour les tissus et les pierres semi-précieuses. La visite du fort d’Amber (palais du 16e siècle situé sur la colline encerclant la ville) ne m’a pas laissée indifférente, de même que l’observatoire d’astronomie du City Palace que j’ai vraiment adoré : une douzaine de grands instruments de marbre et de pierre magnifiquement conservés permettent de mesurer les mouvements du soleil, de la lune et des planètes. Ce site permet de comprendre la démesure des moghols de l’époque, mais également l’importance des astres dans la vie des Indiens.

Bien sûr, je ne pouvais pas aller en Inde sans voir le célèbre Taj Mahal. Cette visite m’a vraiment beaucoup émue, le monument est splendide et représente un beau symbole d’amour : construit entre 1631 et 1653 à la demande de l’empereur moghol musulman Shâh Jahân en mémoire de son émouse Mumtaz Mahal, il s’agit d’un mausolée entièrement réalisé en marbre et haut de 73m. Il faut toutefois se lever très tôt pour apprécier la visite au calme ! Il s’agit très clairement de l’un de mes moments favoris de ce séjour…

Un mariage indien haut en couleur

Dernier sujet de cet article et non des moindres puisqu’il s’agit de la principale raison de ma venue en Inde : le mariage d’Akshat, mon ancien collègue, avec Shilpa, sa bien aimée. Parce que oui ! il ne s’agissait pas d’un mariage arrangé, mais bel et bien d’un mariage d’amour, bien que la famille ne soit pas au courant. Les amoureux avaient laissé croire à leur famille que tout avait été arrangé alors qu’ils avaient bien des sentiments l’un pour l’autre de peur que leurs parents, très traditionnels, ne s’opposent à leur union. Ils ont donc tout fait pour que les parents choisissent selon leurs souhaits, mais sans leur dire !

La principale chose à savoir sur un mariage indien, c’est qu’il dure plusieurs jours. De nombreux événements, souvent exubérants et avec de très nombreux invités, se déroulent sur plus d’une semaine, même si la plupart se déroulent dans l’intimité stricte des nouveaux époux. Nous avons eu la chance d’être les invités d’honneur du mariage, aussi nous avons pu assister aux événements habituellement réservés à la famille proche : la cérémonie du henné, la cérémonie de “l’homme jaune”, les fiançailles et le mariage à proprement parler. La famille du marié nous a très gentiment permis de participer de manière active à ces événements, je ne les en remercierai jamais assez ! Un mariage indien est riche en émotions, en couleurs et en musiques. J’en garde un excellent souvenir. La toute fin de la cérémonie du mariage m’a toutefois laissée… perplexe : à plus de cinq heures du matin, toute la famille de la mariée est en pleurs car celle-ci quitte sa famille pour vivre définitivement chez les parents de son époux. Il s’agit d’un aspect du mariage qui est étonnant et déroutant pour nous occidentaux, et je ne m’attendais vraiment pas à cette fin de cérémonie qui est vraiment triste. Fort heureusement, je sais que nos deux mariés sont aujourd’hui très heureux 😉

En conclusion : l’Inde, ou comment changer une vie

Pour conclure ce long article, je dirais que ce voyage m’a énormément bouleversée. Je relativise : mes problèmes de jeune française ne sont que très peu de choses face à la misère que vivent certains Indiens. Je vois la vie autrement aussi : la perception de la vie que les Indiens ont de manière générale incite à revoir sa propre perception des choses. On m’a souvent dit que soit on adore l’Inde, soit on déteste. Pour ma part, j’ai des souvenirs plein la tête et je n’ai qu’une envie : y retourner !

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